« Achetez moins. »
« Achetez mieux. »
« Faites attention à ce que vous consommez. »
Ces conseils ont leur utilité.
Mais ils racontent une histoire incomplète.
Le problème commence avant votre dressing
Avant qu’un vêtement arrive dans votre placard, plusieurs décisions ont déjà été prises.
La production
Combien de pièces fabriquer ?
Quelle matière utiliser ?
À quelle cadence ?
Dans quelles conditions ?
La distribution
Combien de collections lancer ?
À quelle fréquence ?
Dans combien de magasins ?
Avec quelle rapidité ?
La réglementation
Quelles pratiques encadrer ?
Quels standards imposer ?
Quels coûts environnementaux intégrer ?
Quels produits taxer ou réglementer ?
Le consommateur n’est donc qu’un maillon d’une chaîne beaucoup plus large.
La responsabilité individuelle a ses limites
Acheter une pièce d’occasion.
Réparer un vêtement.
Porter plus longtemps ses vêtements.
Éviter certains achats impulsifs.
Tout cela peut contribuer à faire évoluer les comportements.
Mais cela ne suffit pas à transformer seul un système industriel.
Un consommateur peut changer ses habitudes.
Une entreprise peut changer son modèle.
Un État peut modifier les règles du marché.
Les trois niveaux sont complémentaires.
Sortir de la culpabilité pour entrer dans la compréhension
Le problème de la culpabilisation est simple : elle transforme un problème systémique en problème moral individuel.
« Je consomme donc je suis responsable. »
C’est beaucoup plus complexe que cela.
La vraie question est :
qui décide de la quantité produite, de la vitesse de renouvellement et des règles du marché ?
Comprendre ces mécanismes permet de replacer la responsabilité là où elle doit être : chez tous les acteurs du système, avec des niveaux de pouvoir différents.
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