Une jupe n'a pas de sexe.
Un pantalon non plus.
Pas davantage qu'un talon ou qu'une chemise.
Ce sont des morceaux de tissu.
C'est la société qui leur attribue un genre.
Les codes vestimentaires changent
Ce qui semble évident aujourd'hui ne l'était pas nécessairement hier.
Le talon haut, par exemple, est aujourd'hui fortement associé à la féminité dans l'imaginaire occidental.
Pourtant, il a notamment été porté par des hommes de pouvoir en Europe au XVIIe siècle.
Même chose pour certaines couleurs.
Le rose et le bleu n'ont pas toujours été répartis selon les mêmes conventions entre filles et garçons.
Cela nous rappelle quelque chose d'essentiel :
les codes vestimentaires ne sont pas naturels.
Ils sont culturels.
La mode fabrique des conventions
Une société décide progressivement qu'une silhouette est masculine, féminine, élégante, provocante, professionnelle ou décontractée.
Puis ces associations deviennent tellement familières qu'elles finissent par sembler évidentes.
C'est ainsi qu'un vêtement peut être perçu comme « normal » sur un corps et comme « audacieux » sur un autre.
Le tissu n'a pourtant pas changé.
C'est le regard social qui change.
Et si les codes étaient des constructions ?
Cette idée ne signifie pas que les conventions n'existent plus.
Aujourd'hui encore, certains vêtements sont largement associés à certains genres.
Mais savoir qu'ils sont construits permet de les regarder autrement.
On peut les respecter.
Les questionner.
Les mélanger.
Les détourner.
Ou simplement comprendre pourquoi une tenue provoque telle ou telle réaction.
La mode devient alors un terrain d'expérimentation
Connaître l'histoire des codes permet de comprendre qu'ils ne sont jamais totalement figés.
La mode évolue parce que les individus reprennent les signes existants et leur donnent de nouvelles significations.
Un code peut être transmis. Mais il peut aussi être transformé.
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